Fondation de l'Eglise de Gembloux

Dès son arrivée, Ernest Cohy se déplace partout dans la province pour annoncer l'Evangile. Il vend des Bibles, surtout des Nouveaux Testaments, des brochures, livres et des exemplaires de la revue « Paix et Liberté ». Chaque jour il voyage dans une autre commune, cherchant des personnes qui veulent bien l’écouter. Ainsi il arrive à Bossière le mercredi 10 juillet 1895 et il se rend pour la première fois dans la ville de Gembloux le vendredi 18 octobre 1895.
Pour autant que les archives de l'Eglise Chrétienne Missionnaire Belge nous permettent de retracer la proclamation de l'Evangile à Gembloux, c'est la date à laquelle un colporteur évangélique est venu pour la première fois dans la cité des couteliers. Ce jour-là, il a visité outre Gembloux, Mazy et Spy, vendant 1 Bible, 5 Nouveaux Testaments, 4 brochures et 1 « Paix et Liberté ». C'est à Spy que son œuvre aura immédiatement un résultat concret : une famille s'y convertit et des réunions commencent début décembre. Ainsi Spy devient une « annexe » de Namur.
A Gembloux il n'y a pas de résultat immédiat. Le colporteur y revient occasionnellement. Il vend quelques Bibles et Nouveaux Testaments, il a des contacts, témoigne de sa foi et prie avec plusieurs personnes. Le 26 novembre 1900 il organise une réunion biblique, mais il n'y a pas de continuation. Pourtant il écrit : « Plusieurs ont faim et soif de justice, ils lisent l'Evangile avec fruits » et il donne l'exemple d'une femme qui s'est convertie par la lecture de la Parole de Dieu, dame qui témoigne de sa foi et invite toutes ses amies quand le colporteur lui rend visite ! [i] Monsieur Cohy évangélise aussi les villages qui entourent la ville : Ernage, Sauvenière (ici l'Evangile commence à porter du fruit dans trois familles au mois de février 1901), Lonzée, Beuzet, Chastre et Blanmont, Ligny, Corroy-le-Château, Grand-Leez et St.-Denis-Bovesse.
Soudainement, en juin 1902, de nouvelles perspectives s'ouvrent à Gembloux. Ernest Cohy commence des réunions : le 13 juin, 16 personnes y participent et deux semaines plus tard pas moins de 40. C'est le début des réunions bibliques régulières. Le colporteur écrit comme prière : « Que Dieu accomplisse son oeuvre dans ces cœurs, que Son Nom soit glorifié, et que la lumière de l'Evangile brille dans cette ville. » [ii] Le mois suivant, il écrit dans son rapport qu'un besoin religieux se fait sentir chez plusieurs, qui suivent régulièrement les réunions. Il signale aussi qu'il y a beaucoup de superstition, même chez les incrédules ! [iii]
Premier coup dur à la fin du mois de novembre : Madame Remacle qui accueille les réunions bibliques dans sa maison dans la rue Saint Jean est très malade et les intéressés ne viennent plus par peur de contagion. Elle meurt début décembre et ainsi le premier enterrement protestant a lieu à Gembloux le 9 décembre 1902, présidé par M. Paul Sublet, pasteur de Namur. C’est en cette année 1902, que les premiers membres adhérents ou disciples sont inscrits dans les registres : Madame Thérèse Remacle dans le registre de l’Eglise de Namur (entrée comme membre au mois de novembre, un mois avant son décès) et la famille Molatte dans le registre de Gembloux.
A partir du mois de janvier 1903, les réunions bibliques reprennent chez le coutelier Joseph Depireux et rassemblent tous les 15 jours entre 60 et 70 auditeurs. Une école missionnaire est ouverte pour les enfants, avec entre 20 et 26 enfants présents chaque fois. [iv] Joseph Depireux, dans une lettre datée de la fin du mois de juin 1903, dit que les réunions se déroulent chez lui depuis 6 mois.
Puis, un changement intervient au niveau des colporteurs : Ernest Cohy part au Borinage en mars 1903 et 0sée Valet vient de cette même région pour s'installer à Namur. C'est lui qui reprend le ministère pionnier d’Ernest Cohy. Le jeudi 2 avril, Osée Valet se rend pour la première fois à Gembloux où il préside « la réunion » [v]. C'est lui qui va être dirigé par le Seigneur à développer davantage les réunions, à louer une salle pour y organiser le « Culte Evangélique ».
En été 1903, une phase décisive fait que les réunions prennent un caractère officiel et cultuel. Après des tractations assez difficiles, une maison appelée « La Rochette » (rue de la Rochette, 23) est louée à Grand-Manil et la famille de Jean Poulet - convertie depuis peu de temps par le ministère de l'évangéliste D. Pirotte et très zélée pour le Seigneur - vient de Fosses pour s'y installer. La famille Poulet occupe une partie de la maison, dont l'essentiel est une salle de culte. Les Poulet sont très appréciés comme concierge et dévoués dans la communauté. Sur la photo de la salle du culte (certainement prise début 1904), se trouve l'écriteau « Culte Evangélique ».


[i]   Rapport de M. E. Cohy, novembre 1900.
[ii]  Rapport de M. E. Cohy, juin 1902.
[iii] Rapport de M. E. Cohy, juillet 1902.
[iv] Rapport de M. E. Cohy, mars 1903.
[v]  Rapport de 0. Valet, mois d'avril 1903.